Le ciment armé             

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Dans le jardin de St Dominique, boulevard Deganne
 Si vous posiez la question dans la rue à Arcachon ou ailleurs, presque tous les passants répondraient sans doute que le béton et le ciment sont des inventions du 20ème siècle.
 Erreur complète : les Romains fabriquaient déjà un ciment rudimentaire et du béton.
Le béton, qui est un ciment additionné de cailloux, a, par exemple, été utilisé
à Rome sous l'empereur Hadrien pour la voute du Panthéon. Le Panthéon est toujours solide, le ciment n'était donc pas si mauvais qu'on le dit.
 Le ciment et le béton ont été ensuite oubliés jusqu'au 18ème siècle, mais on en  retrouve  cependant
dans des linteaux de fenêtres de la cité médiévale de Carcassonne.
 
 Le ciment, perfectionné par un ingénieur français en 1818, est donc très ancien mais l’idée de le renforcer avec du fer date seulement du milieu du 19ème siècle.
Les premières réalisations sont des caisses pour les orangers, puis en 1849, une barque pour se promener sur un lac.

Plusieurs brevets concurrents apparaissent en France, en Allemagne, en Autriche et leurs applications se retrouvent naturellement dans l’architecture pittoresque, toujours avide d'innovations.

Le ciment armé se développe alors très rapidement avec l'apparition d'une nouvelle profession : les "rocailleurs" qui vont fabriquer fausses rocailles, fausses ruines, garde-corps buccoliques, grottes romantiques, beaucoup d'éléments caractéristiques du jardin anglais.
 
Ne confondez pas le ciment armé avec le béton armé, son perfectionnement mis au point fin 19ème siècle et utilisé pour certaines constructions "Art Nouveau", mais ce style est quasiment absent du Sud-Ouest de la France et notamment à Arcachon, mais fréquemment pour le style Art Déco.
Le béton armé est plus résistant mais, par suite de la présence de cailloux, son aspect est moins lisse et il se donne au moulage des pièces moins fines.


 A Arcachon, le principal  usage du ciment armé sera la fabrication de garde-corps, de balcons qui imitent les branches des arbres, de grottes. On trouve aussi de nombreuses clôtures dont les moules existent encore, mais la plus belle réalisation sera la villa Les Ruines, réalisée en 1899 par les frères Pauchot, qui imite une ruine médiévale avec sa tourelle, son cloître, sa grande cheminée dans le salon. Le ciment était coloré ton pierre, l'illusion était presque parfaite. 

 
 Les Palmiers, allée de Menque
 
 
Les Ruines, avenue Victoria
en 2006
 
 
F
aute d'entretien, les ferrailles des Ruines, en rouillant, ont fait éclater le ciment. La villa a disparu récemment, mais ils nous reste encore des témoins de ces réalisations si novatrices.
 Si vous possédez une clôture ou un balcon en ciment armé ancien, renseignez vous auprès de l’Architecte des Bâtiments de France, l'expert en matière de patrimoine,  pour connaître le meilleur traitement de protection à appliquer.
 Pour consulter l'ABF, passez par le Service Urbanisme de la Ville, la consultation est gratuite.
                                             
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Francis Hannoyer   novembre 2009